La Bolivie, des plaines tropicales aux Andes boliviennes (juilllet-août 2012)

La carretera.
Dos bicicletas.
Las chicas son guerreras !
(Haiku inventé par Moa, inspirée par ses coups de pédales)

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La Bolivie ? Il existe en fait deux Bolivie. A l’ouest, celle des plaines tropicales et des terres de basse altitude ; à l’est, celle des Andes boliviennes et de l’Altiplano (haut plateau). D’une part, celle plus prospère, qui abrite l’essentiel des réserves de gaz naturel du pays, plus « moderne », peuplée majoritairement par des descendants hispaniques (mais également des amérindiens Guaranis). D’autre part, celle plus « pauvre », plus traditionnelle, plus « amérindienne » avec entre autre les communautés Aymaras et Quechuas.

La première est portée par des revendications autonomistes voire sécessionnistes et une opposition féroce au gouvernement d’Evo Morales, regroupée autour de la figure du « gouverneur » du département de Santa Cruz, Rubén Costas. La seconde abritent des villages aux maisons peintes aux couleurs du MAS-IPSP (Mouvement vers le socialisme, parti au pouvoir), à l’effigie des programmes gouvernementaux ou du président, témoignant du large soutien dont y bénéficie le gouvernement en place.

Outre politique, il existe donc des clivages multiples – géographiques, économiques, sociaux, culturels – qui reposent néanmoins sur une frontière symbolique floue et mouvante. Malgré les tentatives de rassemblement des « frères d’Orient et d’Occident » par les discours d’Evo, le racisme et l’incompréhension réciproque entre les « cambas » (habitants des plaines) et les « conchas » (habitants des Andes) est criant.

Tout comme, sur l’ensemble du territoire, est criante la fracture entre l’élite économique et le reste de la population. Je n’ai jamais aussi bien compris la théorie marxiste qu’ici : l’injustice face à l’exploitation de ceux qui vendent leur force de travail par ceux qui détiennent les outils de production. La Bolivie se situe parmi les pays les plus inégalitaires en Amérique latine et dans le monde, comme en témoignent les coefficients de Gini.

Nos coups de pédales, à Moa et moi-même, nous aurons conduits à arpenter ce pays dans toute sa diversité. Nous avons vécu une lente transition entre « l’Orient » et « l’Occident », passant d’une altitude de 103 mètres (Puerto Suarez) à notre entrée sur le territoire pour culminer à 4926 mètres dans le Sud Lipez. Partout, nous avons été touchées par l’accueil chaleureux qui nous a été réservé et la gentillesse des boliviens. L’authenticité, la diversité et la vivacité culturelle – celle-ci s’exprimant dans les Andes autour des symboles forts que sont la quinoa, la feuille de Coca, la Pachamama et les tenues traditionnelles – nous ont envoûtées. Enfin, nous avons été fascinées par le foisonnement politique qui secoue le pays, tant en termes de politisation de toutes les couches de la population que de participation citoyenne à la vie politique et de mobilisations sociales, lequel s’inscrit dans un processus plus large de transformation sociale.

En somme, la Bolivie, avec ses dénivelés et ses altitudes « de fou », un froid à faire grelotter un cantalou (jusqu’à moins 20 degrés la nuit… alors que je campais !) et ses zones désertiques mais ôh combien sublimes, ce ne fut certes pas de tout repos, mais c’est définitivement un grand coup de cœur de ce voyage !

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La traversée de la Bolivie :

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Voici les photos de notre périple depuis le passage de la frontière brésilienne jusqu’à l’entrée du Salar d’Uyuni (vous pouvez arrêter le diapo ou revenir en arrière en cliquant sur les boutons « pause » et « précédent » qui s’affichent quand vous passez la souris sur le diaporama) :

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4 réflexions au sujet de « La Bolivie, des plaines tropicales aux Andes boliviennes (juilllet-août 2012) »

  1. Merci pour cet aperçu très vivant de la Bolivie. Et toi dans ce patchwork comment vis-tu ?
    Bon pédalage et à bientôt.

    • Comment je vis ?
      Eh bien un jour je me retrouve sous la tente en pleine nature sauvage à me congeler à 4000 mètres d’altitude, le lendemain j’atterris dans une magnifique demeure de la haute bourgeoisie bolivienne à déguster des petits fours végans, le surlendemain je suis logée par une famille bolivienne avec qui je partage le repas populaire du soir et dors à même le sol, le jour suivant, je me retrouve dans un squat culturel en pleine ville, et ainsi de suite !
      Adaptation, tel est le maître mot ! Je m’enrichis de toutes ces expériences.

  2. Toujours très intéressée par la suite du périple et les photos qui concrétisent un peu les endroits traversés et les rencontres. J’avous ne pas avoir pris le temps de lire complètement l’article précédant sur l’agro-écologie, mais, ça viendra peut-être…Merci pour la traversée de la Bolivie et toujours bravo pour la preséverence dans l’aventure. Amicalement. Marie-Jo

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