L’équipe : la CycloCigale et son destrier

DSC00725-moi a la flute-ddLA CYCLOCIGALE

« Y’avait Fernand, y’avait Firmin. Y’avait Francis et Sébastien. Et puis Paulette. »
Mais y’avait aussi Momo la Cigale à bicyclette !
(cf. « À bicyclette », Yves Montand)

  • Apparue sur la planète Terre voilà 29 années, au lieu-dit Terre de pluie ou encore « plat pays » belge (plat : pour ceux qui ne l’ont pas parcouru à bicyclette!)
  • Ma devise ?
    Ni drapeau ni Patrie ni Dieu ni chef ni mari ;-)… mais :
    Un foyer : la planète Terre,
    Une famille : le peuple Humain,
    Une mère : la Pachamama (Terre-Mère)
    … et une paire d’yeux et un cœur grands ouverts pour les explorer!

– – –

En 2008, formée à « l’École des Fourmis » en Sciences politiques et Études des sociétés civiles, je m’exile dans le (merveilleux) trou de balle de la France : entendez, le Cantal (Aurillac). J’y travaille comme prof – de communication en BTS, multidisciplinaire dans une asso d’aide à l’insertion de jeunes en difficultés (CFAS Auvergne) et dans l’éducation à la citoyenneté mondiale au sein de l’ONG CCFD-Terre Solidaire. Près de trois années plus tard, je déploie mes ailes et j’enfourche ma bicyclette pour partir explorer le monde…

Un coup de tête soudain ?
Loin de là ! Ce voyage, c’est un rêve d’enfance, de ces rêves qu’on formule les yeux brillants et le cœur battant sans trop y croire au début… C’est le découlement quelque peu naturel de mon parcours de vie.

  • Le voyage dans le sang ?

Quand ma mère se lamente ;-) du caractère si peu classique de ses enfants, elle omet peut-être qu’ils ne nous ont pas fait vivre une vie des plus communes ! Ballottés d’un pays à l’autre en raison de la profession de mon père, ils nous ont ainsi initié à la richesse du voyage et de l’immiscion dans d’autres cultures. Quand j’ai été en âge de quitter le cocon familial, j’ai poursuivi la ritournelle : Mexique (programme de volontariat), Turquie (Erasmus à Istanbul) et France (Cantal).

En dehors de ces bouts de vie à l’étranger, j’ai exploré le monde plus ou moins proches par petits bouts : en mode « routard sac-à-dos », à pied, en auto-stop, avant de ne plus jurer que par la bicyclette (parcours du Danube, Belgique-Suède pour me rendre au Forum social européen, Cantal-Lot-Aveyron, Vendée, Portugal). La petite reine est devenue, au-delà d’un moyen de déplacement, une philosophie de voyage et une compagne inséparable.

  • Un engagement associatif et politique

Ma philosophie de voyage est également le fruit d’un engagement social et politique. Militante au quotidien, « 100% à gauche » comme l’indiquait un autocollant collé sur ma veste lors de ma première année universitaire et qui m’a valu ce surnom moqueur pour le reste de mes études ! Dans les domaines cyclos bien évidemment (défense de l’usage du vélo comme moyen de déplacement au quotidien), mais également dans ceux de l’immigration, l’environnement, l’agriculture (réellement) « durable », la consommation (réellement) « responsable » et, plus largement, la « simplicité volontaire ». J’aime également combiner militance et  art… l’artivisme, en somme !

On m’interroge souvent sur une appartenance partisane ou syndicaliste. Je n’adhère à aucun parti politique et refuse toute étiquette… parce que les étiquettes enferment ! Ma pensée se nourrit toutefois des théories anticapitalistes, féministes, socialistes-marxistes, libertaires, écologistes radicales et d’objection de croissance.

  • Bagages théoriques

Durant mes études, je me suis particulièrement intéressée aux questionnements autour du « développement » ainsi qu’à l’étude des sociétés civiles, des luttes sociales, des modes de participation politique non classiques (hors élections et structures institutionnelles). Interpellée par l’effervescence politique qu’a connu la région sudaméricaine depuis 1999, j’ai réalisé mon mémoire de fin d’études sur le  « virage à gauche » de la région. C’est en ce sens que j’ai orienté mon itinéraire de voyage plus particulièrement vers l’Amérique du sud, afin de voir sur le terrain ce que j’avais étudié le nez dans les bouquins !

Depuis des années, je suis rongée par la triple préoccupation de :
(1) Comprendre comment ce monde tourne… ou plutôt ne tourne pas ! ;
(2) Repenser ce monde pour qu’il tourne rond ;
(3) Imaginer un processus de transition… ou comment transformer cette Fourmilière en Royaume de Cigales !

Ce voyage à vélo s’inscrit dans cette quête de compréhension de notre Planète et des Êtres qui la peuplent. Sous l’inspiration de Momo, héroïne de mon enfance et de celle du livre de Michael ENDE (« Momo »), qui, à l’aide d’une fleur merveilleuse et d’une tortue magique, fait triompher la fantaisie et le rêve contre les hommes gris voleurs de temps !

– – –

DON CAMINANTE

À l’instar de Don Quichotte qui n’est rien sans Rocinante, la CycloCigale ne serait pas sans son destrier Don Caminante !

  • Vélo Da Silva (semi-artisanal allemand), modèle Santa Cruz
  • Cadre en acier, roues de 26 pouces (pour trouver le matériel de réparation partout dans le monde), porte-bagage arrière Tubus, pneus Schwalbe Marathon, selle en cuir Gilles Berthoud, freins V-brake, groupe Shimano Déore, double guidon « papillon » et « de « triathlon » (pour changer régulièrement de position afin de reposer le dos et le corps).
  • Équipés de sacoches Ortlieb (avants et arrières)
  • 25 kg de bagages à l’heure du départ, pic de 42 kg lors de la traversée du désert du Sud-Lipez (Bolivie) en plein hiver, poids inconnu à l’arrivée à Ushuaïa…

Ma devise ?
« Après une montée, y’a toujours une descente ! »
« Cheminant, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant » (vers tirés d’Antonio Machado)

Baptisé « Caminante » lors de notre traversée du sud de l’Espagne au moment des « férias » taurines. Les enfants nous ont en effet interpellé quant à ma ressemblance avec un taureau, dû à mes « cornes » et ma masse soit-disant imposante (« c’est pas vrai, je suis juste un peu enveloppé… de plein de bagages et ustensiles ! »).

CAMINANTE…

Tel le nom couramment porté par les fiers taureaux d’Andalousie ;

Tel « celui qui chemine », le pélerin, le voyageur au sens de « wanderer », terme allemand issu de la tradition romantique qui désigne quelque chose entre un voyageur classique à la découverte des merveilles du monde et un vagabond du monde errant sans entraves.

Tel celui à qui rend hommage le célèbre poète Antonio Machado et le chanteur catalan Joan Manuel Serrat, par les vers suivants :

« Caminante, son tus huellas             Pèlerin, là sont tes traces,  
el camino y nada más;                       le chemin, et rien de plus ;  
Caminante, no hay camino,               Cheminant, il n’y a pas de chemin,
se hace camino al andar.                   le chemin se fait en marchant.  
Al andar se hace el camino,              En marchant se fait le chemin,  
y al volver la vista atrás                     et à tourner le regard en arrière 
se ve la senda que nunca                 on voit le sentier qui jamais  
se ha de volver a pisar.                     à nouveau ne sera foulé.
Caminante no hay camino                Cheminant, il n’y a pas de chemin,  
sino estelas en la mar. »                   rien que des sillages dans la mer.

Antonio MACHADO, Chant XXIX, Proverbios y cantarès, Campos de Castilla, 1917 (traduction : Vincent Lefèvre)

– – –

Projet de voyage La Revanche des Cigales :

5 réflexions au sujet de « L’équipe : la CycloCigale et son destrier »

  1. Salut Maud

    De retour chez moi, après mon séjour à Paris pour assister une fois de plus au Festival du Voyage à Vélo, je m’empresse de t’écrire.

    Tout d’abord bravo pour ce défi extraordinaire que tu nous as compté avec talent. Je suis véritablement admiratif devant tant d’audace et de courage. Tu as de l’estomac (je n’oserais dire autre chose au risque de paraître un immonde machiste réactionnaire).

    Je voudrais simplement te dire que je ne fais pas partie de tes laudateurs et, comme je n’aime pas hurler avec les loups, je te le dis.
    Tout comme toi je suis pour un monde d’amour et de bonheur partagé mais il me semble que le chemin par lequel tu veux y arriver n’est, à mon sens, pas le bon. Je suis pour une société où les valeurs, la morale, la patrie tiennent une place primordiale et je ne crois pas que cela soit incompatible avec ta pensée « cigalienne ».

    Je te rejoins sur beaucoup de sujets mais en pensant que l’on ne peut pas tout jeter avec l’eau du bain.

    Je ne supporte plus cette société de consommation à outrance et toutes les pollutions qui en découlent plus ou moins directement, tous ces systèmes politiques vérolés (de droite, de gauche et d’ailleurs) qui nous font croire vouloir notre bonheur alors que c’est le leur qu’ils désirent par dessus tout.

    Lorsque je pars à vélo je reste au plus prés de la nature afin de m’en imprégner et ne pas l’oublier.

    Voilà ma chère Maud, ceci est très succinct mais je voulais te le dire…dont acte.

    Nous avons en commun une chose qui nous est chère et qui malgré nos divergences pourrait nous rapprocher…en esprit. Nous avons la même monture (Da Silva, modèle Santa Cruz, rouge).

    Amicalement

    Guillaume

    • Bonjour Guillaume,
      Intéressant, mais je n’ai pas exactement compris sur quels points le chemin des cigales ne correspond pas à l’idée que tu te fais d’un monde meilleur?
      Sur le point « patrie », la divergence est claire : je condamne les frontières en tant qu’invention humaine absurde et injuste et pense que nous avons tous le même foyer : la planète Terre.
      Trop révolutionnaire? C’est sûr, les cigales appellent à repenser radicalement notre système depuis ses racines profondes.
      Pour le reste : amour, bonheur, valeurs (de solidarité, justice et équité), morale (l’agir guidé par l’éthique du souci d’un monde meilleur), rejet du système politique institutionnel et de la société de consommation : on semble se rejoindre au-delà de notre monture, non?
      Attention, le chant des cigales est terriblement contagieux…!😉

      • Bonsoir Maud,

        Les frontières humaines sont peut être absurdes ou/et injustes mais elles ne datent pas d’hier. Elles font partie de l’histoire. On doit pouvoir s’entendre et s’entraider entre peuples, lesquels gardant leur identité propre, mais pour cela il faut de la sincérité et de l’amour.

        Notre système doit être amélioré, mais pour ce faire la révolution n’est peut-être par nécessaire. On peut y arriver avec plus de douceur et de temps (c’est ce chemin que je préconise), d’autant que tout n’est pas à balancer au feu purificateur.

        • Cher Guillaume,
          Une révolution n’est pas forcément violente, sanglante et soudaine! Du moins, pas celle à laquelle appellent les cigales : une révolution des consciences, qui amènerait une révolution des pratiques et de fait, au renversement du système depuis ses racines.
          Ce qui ne veut pas dire qu’il faille tout balancer au feu.
          Mais oui, oser remettre en question l’existence de faits absurdes et injustes, bien qu’ils aient « tjs » (plus ou moins) fait partie de l’histoire.
          Bien à toi,
          Maud

          • Chère Maud!
            Une révolution des consciences, certes. Mais le monde, tout du moins une partie, est coincé dans son bonheur matériel et il est hors de question d’y toucher.
            Mais bon, il y aurait tellement de choses à dire et ton blog n’est peut-être pas le lieu approprié.
            Continue donc ton chant des cigales, même si je suis pas d’accord sur l’ensemble de tes revendications, je me battrais pour que tu puisses l’exprimer.

            Bien amicalement,
            Guillaume

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